La Naissance des CristauxUn bloc de granite ou de quartz est aussi spirituel qu'une pensée de Pascal . Maeterlinck
La formation de notre globe a donné lieu, au cours des âges, à bien des théories explicatives. Les unes religieuses ou mystiques, les autres scientifiques. Les diverses religions et croyances nous ont offert avec rigueur des explications aussi diverses que contradictoires. Ce qui se résume sur le plan positif par un résultat nul. La science est plus constructive, sauf au sujet de l'origine car toutes les tentatives d'explication prennent pour cadre notre système solaire ce qui limite les théories à celui-ci. En 1755, Emmanuel Kant , dans son histoire générale du ciel , supposait que l'origine était constituée d'un nuage de gaz et de poussières. Cette théorie, quoi qu'embryonnaire garde cependant et même à l'heure actuelle une certaine autorité. Laplace reprit cette théorie en I796 en donnant toutefois une explication de la transformation des particules gazeuses en éléments solides qui S'avéra fausse. Selon lui ces masses gazeuses animées par une gravitation provoquée par des forces cosmiques se seraient condensées en se rétractant jusqu'à former des corps solides. Il a été démontré par la suite que ces corps, tournant de plus en plus vite à mesure de leur diminution de volume, auraient actuellement une vitesse bien supérieure à celle que nous leur connaissons. Après la théorie de Laplace, bien des hypothèses furent avancées, par exemple celle d'une étoile qui aurait percuté le soleil et arraché les parties formant ses satellites actuels. La dernière théorie suppose qu'à l'origine notre système était un composé cosmique gazeux comme il s'en rencontre partout dans l'univers. Les composants de cette masse auraient été l'Hydrogène , l'Hélium , le Carbone, l'Oxygène et le Fer. Dans l'immense giration de cette tempête de poussières cosmiques le centre finit par s'agglomérer formant notre soleil. Des tourbillons secondaires firent naître d'autres corps et c'est ainsi qu'autour de ce protosoleil se forma la protoplanète Terre. On estime à 4,5 milliards d'années l'époque où notre planète a atteint ses volume et poids actuels, il s'écoulera encore I,5 million d'années avant l'apparition des premières formes de vie. Toutefois, dès le début, une gigantesque rotation s'amorça dans l'obscurité, trouée par les effroyables rougeoiements de la fusion thermonucléaire débutante du soleil. C'est alors aussi que certains gaz se mélangeant forcèrent de l'eau, ou de I'ammoniac, et que des éléments radioactifs commencèrent à libérer suffisamment de chaleur pour que le centre de la terre entra en fusion et que les métaux lourds s'y enfoncent, constituant ainsi le Nifé. Il faut aussi considérer que depuis des millions d'années, la nébuleuse originelle contenait déjà des éléments chimiques qui s'associaient se combinait et formaient des masses solides.
Le cristal, ce miracle, était né. Et ce, presque à l'origine. N'est il pas vertigineux de penser que, dans cette atmosphère apocalyptique avant la lettre, des cristaux se formaient, obéissant aux strictes lois éternelles que nous connaissons seulement aujourd'hui. Que déjà dans ce cosmos bouillonnant de feu, d'explosions titanesques, de petits cristaux établissaient les lois de la cristallisation. Que déjà, le diamant que nous portons avec désinvolture avait posé son germe cubique. Que le Rubis, monté dans la bague que nous nous passons négligemment au doigt, avait pris naissance, peut être à cette époque, et grandissait par l'apport de molécules nouvelles, au hasard de sa course dans l'immense mer de lave incandescente. Et la Rhomboèdre était, né, Des millions d'années passèrent. L'épaisse couche de condensation qui s'était formée retomba en eau, créant l'hydrosphère et amorçant le refroidissement. Et, dans les roches qui lentement durcissaient, les pierres précieuses, ces admirables cristaux, attendaient celui qui devait venir et à qui ils étaient destinés, l'homme. Il a fallu, cependant, I,5 milliard d'années pour que les conditions climatiques et chimiques soient réunies, pour qu'apparaisse enfin la vie. Celle-ci naît de la combinaison de deux produits, les acides aminés ou protéine et les acides nucléiques. Les acides aminés ont pour base l'Hydrogène le Carbone, le Nickel, l'oxygène et peuvent s'êtres formés sous l'influence de radiations solaires qui atteignirent la Terre après la disparition des nuages. Ce sont les expériences du chimiste américain Harold Urey qui ont démontré la possibilité, de créer des acides aminés. L'apparition des acides nucléiques reste cependant plus obscure et n'a pas encore reçu d'explication définitive. L'hypothèse la plus acceptée les ferait résulter de l'action combinée des volcans et de la pluie. La vie a commencé par des bactéries et la plus ancienne que nous connaissons a été découverte près de Barberton, en Afrique du Sud. Elle date de 3,5 milliards d'années. Certaines de ces bactéries se nourrissaient de matières inorganiques telles que l'oxydation du Soufre et celle du Fer. C'étaient, et se sont encore les thiobactéries et les sidobactéries. C'est à cette dernière catégorie que nous devons les principaux gisements de Fer. Ce n'est que plus tard qu'apparurent enfin les organismes vivant 'd'air" Cet exposé , extrêmement réduit de l'évolution de notre planète fait apparaître un fait extraordinaire. Dès le début de cette terrifiante et longue histoire les cristaux étaient présents. Présents avec toutes leurs lois de symétrie, de physique, de chimie et d'optique. Présents aussi avec toute leur beauté et , déjà , leur destin était fixé, Contribuer au bonheur et au plaisir de l'humain qui allait venir et découvrir des milliard d'années plus tard, ce miracle : La pierre précieuse.
Les espaces sidéraux, au moment ou se fixait notre destin, nous ont envoyé ce message de symétrie, d'ordre et de beauté. Notre pauvre monde, si tristement secoué par la haine et l'intolérance ne semble pas disposé à comprendre. François DUYK La Revue S.B.G., octobre 1976.
Qu'elle fut grande ma surprise, lorsqu'en examinant un saphir Ceylan, je découvris ce petit personnage en slip de bain et fumant paisiblement son cigare. Ces deux microphotographies sont prises de deux angles différente dans la même pierre, agrandissement X 96. Pierre Van de Walle S.B.G. D.Gem. G.
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